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Les Archives du commerce des esclaves English

Description du Projet

L’UNESCO a lancé en 1994 le projet de la Route de l’esclave et a fondé un Comité Scientifique International pour ce projet. Ce comité a pour mandat d’examiner la question entière du commerce des esclaves et son impact économique, social et politique dans un certain nombre de pays, ainsi que comme moyen de promotion du dialogue interculturel. Ce comité a souligné l’importance des archives comme base pour l’étude du commerce des esclaves. Dans ce cadre, l’UNESCO a mis en place, en 1999, le projet des Archives du commerce des esclaves financé par l’Agence Norvégienne pour la Coopération en faveur du développement (NORAD.) Ce projet vise à rendre accessibles et à sauvegarder les documents d’archives originaux relatifs au commerce transatlantique des esclaves et à l’esclavage dans le monde.

Le commerce international des esclaves est un aspect de l’histoire humaine, qui touche en profondeur l’expérience de la plupart des peuples, au cours de longues époques dont il faut garder la mémoire. Le projet Archives du commerce des esclaves n’est pas une étude sur l’esclavage à proprement parler. Il s’agit plutôt d’un effort pour une meilleure conservation et un plus large accès aux archives relatives au commerce des esclaves. Ce commerce a déplacé des êtres humains (par quelques moyens que ce soit) de leur lieu d’origine et les a installés ailleurs pour poursuivre leur vie sous la domination d’autrui. Le projet s’intéresse aux sources documentaires originales qui témoignent de ce commerce, principalement sous la forme de documents écrits. La numérisation de ces sources et, en particulier celles qui sont menacées du point de vue de la conservation, nous aidera à établir une mémoire collective sur cet aspect de l’histoire. Ce projet vise à améliorer l’accessibilité et l’exploitation des documents sur le commerce des esclaves, les modalités du commerce des esclaves, afin d’enrichir la réflexion sur son impact et ses conséquences durables. Une stratégie d’accès est conçue en vue de l’établissement de l’accès en ligne via le site web de l’UNESCO et d’autres sites dédiés au commerce des esclaves et la publication de CD-ROMs multimédia sur le commerce des esclaves, les actes de résistance à l’esclavage, etc. C’est dans cette perspective que s’inscrit le site web dédié aux archives du commerce des esclaves/slave trade archives[1]. Les objectifs sont de retracer les grandes lignes de l’histoire liée aux « Archives du commerce transatlantique» en passant par une typologie des documents d’archives selon leur lieu de conservation et une banque d’images relative aux différents fonds sur ce commerce transatlantique des esclaves.

Dans une première phase, le projet a été limité au commerce transatlantique des esclaves organisé à partir de l'Afrique dès la fin du XVe siècle. Il a donc corollairement été convenu d'exclure, pour l'instant, les sources relatives au commerce des esclaves dans l'Océan Indien et dans le désert du Sahara, ainsi qu'en Europe et en Asie, sans toutefois négliger que ces aspects mériteraient aussi d'être étudiés. Dans le cadre du programme « Mémoire du monde » de l’UNESCO et en étroite collaboration avec le Conseil International des Archives (CIA), une étude de faisabilité, a été effectuée pour identifier, selon un ordre de priorité, des archives nationales et des institutions rattachées dans plusieurs pays africains, d’Amérique latine et des Caraïbes afin de mettre à niveau leurs équipements et services pour assurer une conservation adéquate des documents originaux, pour obtenir des copies dans des formats appropriés des documents tenus ailleurs et assurer la formation du personnel technique. L’objectif est de fournir un accès aussi large que possible aux documents d’archives et autres documents se rapportant au commerce des esclaves et à l’esclavage lato sensu.

Cette étude de faisabilité a identifié les bénéficiaires directs du projet ainsi que tous ceux qui profiteront du projet du fait qu’ils seront plus conscients de l’histoire commune de l’esclavage. La protection des traditions orales de l’Afrique qui sont en danger est aussi envisagée et on recommande des actions spécifiques de coopération avec des institutions compétentes comme le CELHTO (Centre d'études linguistiques et historiques par tradition orale) à Niamey (Niger) qui gère d’importantes collections de documents oraux et qui joue un rôle de coordonnateur de recherche internationale sur les traditions orales et la traite des esclaves.

Champ d’action

Les sources originales relatives au commerce transatlantique des esclaves sont présentes dans trois régions géographiques : en Afrique pour les les pays d'origine ; dans le Nouveau Monde, pour les pays d'arrivée et dans les pays où ce commerce était organisé principalement en Europe.

L’écriture de l’histoire du commerce des esclaves entre l’Afrique et le continent américain est principalement fondée sur des sources écrites et iconographiques conservées dans un grand nombre de pays occidentaux, principalement dans les pays ayant pratiqué cette activité (Angleterre, France, Portugal, Hollande, Danemark, Prusse), mais aussi dans les pays d’origine, en Afrique Occidentale essentiellement (Sénégal, Bénin, Gambie, Liberia, Sierra Leone, Sao Tome e Principe, Ghana, Guinée-Bissau, Cap Vert, Gabon, Nigeria, Angola.) A ces pays, il faut ajouter les pays de destination de la traite en Amérique du Sud et dans les Caraïbes (notamment le Brésil, Cuba, la Jamaïque et Haïti) sans oublier les Etats-Unis d’Amérique. Les bornes chronologiques des sources vont de la fin du XVe siècle pour le Portugal au milieu du XIXe siècle pour le Brésil, les Etats-Unis et même 1870 pour Cuba.

Le projet s’est donc donné pour objectif de se concentrer sur les pays dont les documents d'archives sont menacés du point de vue de la conservation et qui sont souvent difficiles d'accès pour les utilisateurs. Qui plus est, ce corpus archivistique propose une perspective différente de celui , déjà largement exploité, des pays du Nord qui se livraient au trafic et qui, pour la plupart n’ont pas un besoin urgent de l’assistance d’un projet international, à savoir le Danemark, l'Espagne, les Etats Unis, la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le Portugal.

Ainsi, le projet concerne un certain nombre de pays africains classés comme suit, par ordre de priorité, ainsi que des institutions archivistiques en Amérique Latine et Caraïbes.

Afrique

Groupe 1:
  • Angola
  • Bénin
  • Cameroun
  • Cap Vert
  • Gambie
  • Ghana
  • Guinée
  • Mozambique
  • Nigeria
  • Sénégal
  • Togo
Groupe 2:
  • Congo
  • Gabon
  • Mali
  • Sao Tomé
  • Guinée équatoriale
  • Burkina Faso
Groupe 3:
  • Mauritanie
  • Niger
  • Tchad
  • Namibie
  • République centrafricaine
  • Côte d’Ivoire
  • Libéria
Liste d’attente:
  • Guinée-Bissau
  • République démocratique du Congo
  • Sierra Leone
Amérique latine et Caraïbe

  • Argentine
  • Barbade
  • Brésil
  • Colombie
  • Cuba
  • Haïti
  • Trinité et Tobago
(Le projet Archives du commerces des esclaves a été mis en place dans tous les pays surlignés)

Le matériau à sauvegarder : localisation et typologie

Dans les pays d’Europe d’où la traite est organisée, les affaires d’esclavage sont mentionnées dans les archives des Etats, notamment de l’administration de la Marine et des Douanes, mais aussi de l’administration coloniale et du commerce. Les limites chronologiques de cette masse documentaire relative à la traite remontent précisément à l’installation des comptoirs ou des colonies de peuplement le long des côtes africaines, lorsque le commerce du ‘produit’ est organisé en France et en Angleterre, à la fin du XVIIe siècle.

Dans les pays d’Afrique victimes de la traite, les archives existent normalement dans ceux où a existé, à l’époque du trafic, une administration coloniale ou commerciale. Dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, les archives administratives commencent surtout à l’époque de l’abolition de la traite, lorsque la France installe une administration territoriale, et avec l’établissement d’une population locale dans les colonies britanniques.

La dispersion des fonds à travers le monde témoigne de l’ampleur de la tâche à accomplir. Si les fonds d’archives sont plus ou moins identifiés dans les pays européens, ceux des pays en voie de développement (ou qui ont subi les épreuves de la guerre comme la Guinée-Bissau, le Liberia ou la Sierra Leone), attendent la mise en place d’instruments de recherche. Plusieurs types de documents sont susceptibles de contenir des informations sur le fonctionnement de la traite.

  • Les grandes séries de registres de la Marine française et les ‘shipping lists’ du Naval Office renseignent sur les données quantitatives de la traite sans renseignement précis sur les expéditions.
  • Le déroulement des expéditions, les questions disciplinaires et les lieux de la traite sont renseignés par les documents de bord des navires transportant les esclaves comme les règlements et contrats de navigation ( ‘regimento’ portugais), les journaux de bord et rapports de mer.
  • Les correspondances officielles des autorités coloniales locales (notamment en Afrique de l’Ouest) avec le gouvernement central relatent certains incidents survenus entre les différentes compagnies organisatrices du trafic jusqu’à l’abolition de la traite (Angleterre 1807, Danemark 1803, France 1815, Portugal 1839).
  • Les mémoires et récits de voyage, riches de renseignements sur les routes de la traite et de développements sur les mœurs et coutumes des populations victimes de l’esclavage.
  • Les dossiers d’affaires judiciaires contenus dans les fonds des juridictions (difficiles à appréhender sans instrument de recherche précis).
  • Les pièces et documents d’origine privée : contrat de vente d’esclave, billets à ordre, etc.
  • Les recensements des Noirs dans les colonies existant notamment à Haïti, au Liberia et au Sierra Leone pour les anciens esclaves libérés et restés sur place. Les fameux Liberate African Registers de la Sierra Leone renferment des renseignements familiaux sur les esclaves libérés par la Marine anglaise et réimplantés en Afrique.
  • La presse coloniale locale comme le Moniteur colonial à St Domingue au début de la Révolution ou le journal de Saint-Louis du Sénégal au début du XIXe siècle.
  • Les collections d’archives orales contemporaines dépositaires d’un savoir transmis sur le mode de l’oralité propre à la tradition africaine comme les Oral Traditions of Fanti States (Université de Legon, Ghana entre 1970-1975) ou les Archives culturelles du Sénégal constituées à partir de 1966 et conservées aujourd’hui à l’extérieur des Archives nationales.
Les archives relatives à la traite sont très diverses et constituent rarement des fonds homogènes sauf dans le cas de collections factices. La dispersion des fonds ne permet pas d’avoir une vision d’ensemble et la création d’une banque de données dans chaque Etat intéressé permettra précisément de constituer un réseau cohérent indispensable aux chercheurs lesquels pourront être associés localement aux opérations de numérisations ainsi qu’à leur exploitation.

Objectifs et moyens

Le projet Archives du commerce des esclaves repose sur la volonté d’assurer la sauvegarde et l’accessibilité de documents à valeur universelle au moyen de la numérisation puis par la diffusion par des canaux électroniques. Il ne s’agit pas pour autant d’un programme de restauration et de conservation des fonds originaux eux-mêmes ce qui exigerait une toute autre démarche et d’autres investissements (considérables par exemple dans les zones tropicales.)

La numérisation permet autant pour les documents originaux que pour les instruments de recherche de créer des copies accessibles à distance via le net et centralisées dans le programme Mémoire du monde pour permettre, à terme, une exploitation éducative et scientifique de ces documents. Ainsi, chaque pays participant se verra doter des moyens pour acquérir un ensemble d'équipements techniques, qui devra, autant que possible, être acheté localement, afin de permettre la maintenance ultérieure. Outre l’acquisition d’un minimum d'équipement technique[2], ce projet permet aux pays participants de contribuer à la formation technique et au développement d'une expertise technique[3] pour leur permettre de continuer à travailler de manière autonome au développement de leur patrimoine culturel.

Les missions organisées dans les pays participants s’attachent, de concert avec les autorités nationales compétentes et les services d’archives, à cataloguer les documents (selon les normes internationales) et numériser les instruments de recherche pertinents. Suite aux séminaires de formation sur les techniques archivistiques et informatiques, l’opération de numérisation est menée en vue de la création de CD, matériel de base pour la composante "numérisation et accessibilité" du projet. Au final, d’après la procédure convenue, un exemplaire de ces CD restera dans le pays où les archives sont conservées, deux autres exemplaires seront envoyés l’un à l’UNESCO et l’autre est déposé à un endroit convenu, qui pourrait être la bibliothèquenationale du pays concerné. Une série complète sera mise à la disposition de chacun des pays participants. Enfin, la diffusion des documents et catalogues se fait par l’intermédiaire de sites web dans les services d’archives des pays participants et dont les liens seront ensuite faits à partir du site web de l’UNESCO.

Au final, ce projet permet donc une utilisation à l’échelle internationale des documents numérisés (images, textes et catalogues) et ainsi préservés, ainsi qu’une coopération internationale quant à l’interprétation et l’exploitation des sources pour une meilleure appréhension de la question du commerce des esclaves. A l’échelle des pays participants, ce projet envisage donc une fourniture d’équipements (jusqu’à 15 pays) adaptés aux technologies de l'information et de la communication.

Bilan et perspectives

Il a été envisagé que la période initiale du programme s'étende sur les années 2000 à 2003. La durée du projet est désormais prolongée jusqu’ à la fin 2004. Des équipes composées de deux experts (l’un pour la numérisation et les technologies de l’information et de la communication, l’autre pour la gestion des archives) ont été organisées dans le cadre de missions planifiées pour chacune de ces quatre années. Si les activités du projet suivent globalement le même schéma et la même structure, la situation de chaque pays est évaluée individuellement pour donner lieu à un programme spécifique. Pour l’heure, le projet a été mis en place dans onze pays, à savoir, au Bénin, au Cap Vert, en Gambie, au Ghana et au Sénégal pour l’Afrique ainsi qu’en Argentine, au Brésil, à la Barbade, en Colombie, à Cuba et à Haïti. Une première session de formation à Cape Town (Afrique du Sud) en février 2001 a servi de modèle à l’organisation de sessions régionales ou nationales dans les pays participants.



Le programme Archives du commerces des esclaves (2000-2003)

Dans le cadre du projet Archives du commerces des esclaves, un certain nombre de missions courtes ont été effectuées par de petites équipes de personnes techniquement qualifiées et expérimentées dans les domaines de la gestion des archives, de la numérisation des documents et de l’utilisation des systèmes électroniques appropriés. A cet effet, des sessions de formation et des séminaires ont été organisés, essentiellement dans les pays d’Afrique. Ces sessions ont à chaque fois inauguré l’application du projet dans les pays participants et abouti à la production de base de données et de CD-Rom ou, à l’établissement de connexions Internet et la création de sites web. Ces différents séminaires ont été organisés dans le but de réunir l ‘ensemble des pays participants. Cependant, la plupart ont eu un caractère régional sauf celui de Gambie, national.

Dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, la mise en place de ce programme repose essentiellement sur des ‘ressources locales’. Dans ce cas, la contribution demandée à l’UNESCO[4], est affectée à l’indemnisation des chercheurs, à l’acquisition de l’équipement et à la création des produits finaux.

  • Séminaire régional de Cape Town (26 février-3 mars 2001) -
  • Le premier séminaire sur la sauvegarde du patrimoine documentaire africain s’est tenu à Cape Town (Afrique du Sud) du 26 février au 3 mars 2001. En réunissant 21 experts de 15 pays africains, il a permis de présenter aux participants les objectifs du programme « Mémoire du monde » ainsi que le projet Archives du commerce des esclave. La volonté de préserver le patrimoine documentaire en Afrique a été réaffirmée durant cette session qui a permis de passer en revue les principes de conservation et de numérisation en vue d’améliorer, par ce médium, l’accès aux ressources documentaires.

  • Ghana (4-16 juin 2001) -
  • Une mission (du 4 au 10 juin 2001) et un séminaire (du 11 au 15 juin 2001) ont eu lieu à Accra sous l’égide du Conseil international des Archives (CIA) dans les locaux du Département de l’administration des archives et des documents publics (PRAAD) du Gouvernement du Ghana. M. Cletus Azangweo, directeur du PRAAD a organisé le séminaire et la mission à côté des consultants de l’UNESCO. La mission a permis de sélectionner les équipements informatiques, de les acquérir localement et de les installer afin de les utiliser pour la conception et la réalisation d’un site web présentant les ressources documentaires et archivistiques du Ghana. Un modèle d’exécution pratique du projet et une méthode ont été définis durant le séminaire, à caractère régional, dont le but était de donner aux pays participants le moyen d’améliorer la préservation de la documentation relative à la traite des esclaves et d’en faciliter l’accès au public.

  • Sénégal (7-11 janvier 2002) -
  • A l’instar de la mission d’Accra, la mission de Dakar (du 7 au11 janvier 2002) est la deuxième manifestation organisée par l’UNESCO, dans le cadre du projet des Archives de la Traite des Esclaves qui a eu une dimension plutôt sous-régionale. Elle a notamment réuni les responsables des archives nationales du Mali, de la Mauritanie, de la Guinée-Conakry, du Cap Vert et du Burkina Faso. L’atelier de formation a été organisé dans les locaux de la Direction des Archives du Sénégal (DAS). Mme Ba Awa Cissé et M. Sissoko Mbaye, deux archivistes de la DAS, ont contribué à l’animation de cet atelier à côté du consultant de l’UNESCO, M. Ahmed Bachr. Ils avaient tous les deux suivi le séminaire d’Accra, et ont supervisé l’installation du matériel informatique, des logiciels, et le développement du site web de la DAS.

  • Gambie (5 -19 juillet 2002) -
  • La mission de Banjul est la première à avoir été organisée à une échelle nationale avec la participation de 21 professionnels du monde des archives de diverses institutions publiques. L'atelier de formation s'est tenu dans les bâtiments du Service national d’archives (NRS.) Mme Penda Ba, directrice du NRS, qui avait aussi suivi le séminaire d'Accra, a apporté une aide remarquable aux deux consultants de l’UNESCO ( Mme Madge Dresser et M. Bachr) à la préparation et à l'organisation de cette manifestation importante dont l’objectif était de développer et de perfectionner le système de conservation des documents du NRS. C’est au sein de cette institution, chargée de la conservation des archives nationales de Gambie depuis 1814, qu’a été affermi ce programme de protection et de préservation des documents dans la transparence, l’efficacité et la fiabilité.

  • Cap-Vert (6-15 mars 2003) -
  • Le séminaire régional de Praia, a réuni les représentants de cinq pays africains lusophones à savoir l’Angola, le Mozambique, le Cap Vert, la Guinée Bissau et Sao Tomé et Principe. Mme Claudia Correia, directrice de l’Arquivo Historico Nacional (AHN) du Cap Vert s’est occupée à côté du consultant de l’UNESCO, M. Abdenbi El Farh, de la préparation et de l’organisation du séminaire. Au total quatorze spécialistes des archives de ces cinq pays ainsi qu’un expert des archives venu du Brésil ont participé à ce séminaire consacré à la mise en place du système informatique, au programme de numérisation et à l’élaboration du site web de l’AHN qui recèle des documents couvrant la période de 1836 à 1890 sur la traite des esclaves.

  • Bénin (7 avril au 2 mai 2003) -
  • Une session de formation et un séminaire ont été organisés à Porto Novo au Bénin entre le 7 avril et le 2 mai 2003 s’inscrivant dans la même logique que les sessions précédentes avec Mme Elise Paraïso, directrice des Archives Nationales du Bénin comme organisatrice et M. Bachr comme consultant. Vingt participants ont été réunis représentant respectivement, le Bénin, le Burkina-Faso, le Cap-Vert, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Mali, le Niger. Cette mission a permis la numérisation de correspondances et de rapports politiques relatifs à la traite jusqu’alors épars et la mise en place du site web des Archives Nationales du Bénin.

  • La Barbade -
  • Dans les Caraïbes, l’objectif du projet est de localiser, évaluer (quantitativement et qualitativement) les documents originaux relatifs au commerce des esclaves et à l’esclavage en général. A cet effet, un formulaire, approuvé par l’UNESCO, a été élaboré afin d’aider les institutions d’archives des Caraïbes à recenser les documents historiques qui constituent ce patrimoine documentaire. Pour faciliter la planification, la gestion et l’exécution de ce projet une équipe de six professionnels du Musée et Société historique de la Barbade a été désignée.

    Par ailleurs, Mme Alissandra Cummins, directrice de cette institution, a dirigé la mise en place de ce projet à la Barbade qui a abouti, pour l’heure, à la production d’un CD-rom modèle contenant 500 documents numérisés et d’un site web pour le Musée et Société historique de la Barbade.

  • Cuba -
  • Riches de plus de 27 km linéaires de documents datant du XVIe siècle, regroupés dans environ 217 fonds documentaires, les archives nationales de Cuba renferment notamment 38 fonds de l’époque coloniale qui constituent une précieuse source d’information sur le phénomène du trafic négrier. Le projet des Archives du commerce des esclaves, auquel ont participé des chercheurs et des techniciens des Archives nationales cubaines, a pour objectif, de préserver et traiter cette documentation, afin de permettre au reste de la communauté scientifique cubaine et internationale d’y avoir accès grâce à l’utilisation des nouvelles technologies. En effet, Cuba fut, avec le Brésil, un des centres les plus actifs de la traite. C’est à Mme Berarda Salabarría Abraham, directrice des archives nationales de Cuba, qu’a incombé la mission de diriger ce projet qui sera finalisé par la mise en place du site des archives nationales de Cuba ainsi qu’à la création d’une banque de données.

  • Brésil -
  • La bibliothèque nationale du Brésil possède le fonds documentaire le plus important de toute l’Amérique latine, avec environ huit millions et demi de volumes (livres, périodiques, manuscrits, sceaux, cartes, partitions, disques, photographies, etc. ) dont un nombre important de pièces renvoie à l’histoire de l’esclavage au Brésil. Le projet Archives du commerce des esclaves a prévu l’achat d’équipement informatique, la réalisation d’un CD-ROM décrivant les matériaux et dont le contenu serait publié sur un site web hébergé par la bibliothèque nationale. Le suivi de ces travaux est assuré par des bibliographes, des archivistes et des historiens, ainsi que des spécialistes du traitement de l’information (concepteur web, réalisateurs de CD, opérateurs de numérisation, etc.).

  • Argentine -
  • Restituer une des pages les plus sombres de l’histoire, à savoir celle de la traite des esclaves noirs du Rio de La Plata, tel est le but de la participation des Archives Générales de la Nation argentines (AGN) au projet des Archives de la traite des esclaves, mené dans le cadre du programme ‘Mémoire du monde’ de l’UNESCO. Plus de 500 documents d’archives ont ainsi été numérisés par l’AGN avec le soutien financier de l’UNESCO.

    Grâce au financement de l’organisation, les spécialistes des archives ont pu mettre sur pied ce projet intitulé «La route des esclaves» (La Ruta de la Esclavitud.) Ils ont ainsi examiné les 5000 documents conservés par les Archivo General de la Nación sur l’esclavage afin d’en sélectionner 500 pour les numériser. C’est ainsi que Miguel Unamuno, directeur de cet organisme, a annoncé que la consultation de toutes ces données sur le site Web de l’AGN est possible à partir de juillet 2003.

  • Colombie -
  • L’un des aspects les plus remarquables de l’histoire de l’Amérique est la présence de sa population noire originaire du continent africain. Sous le régime de la vice-royauté du Nouveau Royaume de Grenade (actuelle Colombie), la participation de ce groupe ethnique dans le processus de production fut très important et la contribution de l’esclave noir à l’économie néogrenadine prit une importance croissante à mesure que la population autochtone disparaissait et que reculaient les frontières des territoires exploités. Le fond documentaire dit « noirs et esclaves » permet la reconstitution de ce fait historique majeur et, son accessibilité représente un véritable enjeu pour la recherche sur les plans nationaux et internationaux. Par le renforcement de l’infrastructure informatique des Archives nationales de Colombie (Archivo General dela Nación de Colombia) et la mise à disposition du fonds ‘noirs et esclaves’ via Internet, la réalisation du projet archives du commerce des esclaves constitue un atout considérable en matière de développement technologique. Avec l’objectif de conserver et de diffuser ce patrimoine documentaire, l’UNESCO consolide le travail de coordination dans le domaine des archives et favorise les mécanismes d’intégration et de coopération dans les sphères de la recherche.

  • Haïti -
  • Haïti a connu plus de trois siècles d'esclavage et est un des rares pays où la lutte a conduit non seulement à son abolition mais encore à l’indépendance du territoire. Cette prouesse exceptionnelle place Haïti dans la mouvance des grandes mutations qui vont durant le 19ème siècle façonner l’histoire de toute la région caribéenne et latino-américaine. La Bibliothèque haitienne des Pères du Saint Esprit, les Archives Nationales et le Comité National Haitien de la Route de l’Esclave (Habitations sucrières), ont soumis à l’Unesco le projet de restaurer, préserver, archiver et diffuser les fonds documentaires de ces trois institutions haitiennes riches en documents du XVIIIe siècle et de fonds d’archives uniques sur l’histoire de l’esclavage et les habitations sucrières à Saint-Domingue.

    Dans le cadre des Archives du commerce des esclaves, un projet de catalogue collectif informatisé à mettre sur le web démarre de novembre 2003 jusqu’en juillet 2004. Rassembler pour la première fois en un document unique les fonds d’archives des principales institutions documentaires d’Haïti favorisera une meilleure connaissance de ce phénomène historique. L’UNESCO et "Mémoire du monde" apportent, par le biais de cette mission, leur pierre à l’édifice commémoratif de la célébration du bicentenaire de la révolution et de l’indépendane haïtiennes en 2004.

Enfin, nous pouvons nous attendre à ce que les différentes réunions internationales auxquelles les rapports seront présentés formulent des recommandations pour la poursuite et l'extension du projet après 2004. L'objectif ultime serait la compilation d'une base de données, accessible par l'Internet, qui couvrirait toutes les sources documentaires primaires (y compris les sources orales) relatives au commerce des esclaves dans le monde entier.

Abdelaziz Abid
Division de la Société de l’information
UNESCO
a.abid@unesco.org
http://www.unesco.org/webworld/mdm

[2] Cet équipement comprend: un ordinateur muni d'un disque dur de capacité suffisante; un scanner d'une résolution minimale de 600 bpi ; un graveur de CD ; un stabilisateur ou autre dispositif de contrôle de l’alimentation électrique ; un modem et la capacité de se connecter à l'Internet pour les communications ; les logiciels appropriés.

[3] Pour une expertise en matière d'installation, de gestion et d’utilisation des ordinateurs en vue des programmes de numérisation, de la connexion à l'Internet, aux systèmes de messagerie électronique, de la gestion des sites Web et de la fabrication et de l’utilisation des CD, ainsi qu’aux principes de conservation physique.

[4] Généralement d’un montant de 50 000,00 USD