La IIIe République (1870-1940) installe durablement le régime républicain en France. Celui-ci s’est construit dans l’opposition à l’Église catholique, intrinsèquement liée à la monarchie et longtemps hostile aux idées libérales de la Révolution française et au régime qui en est l’héritier. La République, qui sépare les Églises de l’État en 1905 (quinze ans après la République brésilienne) a institué une laïcité stricte, qui renvoie jusqu’à aujourd’hui les croyances et les pratiques religieuses à la sphère privée et impose la neutralité dans l’espace public.
Cependant, ce n’est pas seulement la France républicaine qui s’est exportée au-delà de ses frontières. Jusqu’à la IIIe République, la France agit en puissance catholique. La protection des chrétiens est l’un des axes de sa politique extérieure et sert à justifier certaines de ses interventions impérialistes. À la fin du XIXe siècle, plus des deux tiers des missionnaires catholiques œuvrant dans le monde sont de nationalité française et sont également un vecteur d’influence, notamment linguistique. Dans les années 1960, pendant la dictature militaire brésilienne, les connexions sont nombreuses entre les théologiens et le clergé des deux pays. Le père dominicain Henri Burin des Roziers (1930-2017), établi dans l’État du Pará de 1978 à 2016, s’est engagé dans les conflits fonciers pour défendre les droits des populations.
La France a été aussi le berceau de nouvelles religions qui ont trouvé au Brésil un terreau plus fécond que le pays qui les a vues naître. C’est le cas de la religion de l’Humanité, issue du positivisme, philosophie développée par Auguste Comte (1798-1857), et du spiritisme, fondé par Allan Kardec (1804-1869).
La France catholique au Brésil.
La congrégation des sœurs de Notre Dame de Sion, fondée en France dans la première moitié du XIXe siècle, s’est spécialisée dans l’éducation des jeunes filles de la bonne société, en France, puis dans une vingtaine de pays. Elle s’implante au Brésil en 1888, d’abord à Rio de Janeiro, puis à Juiz de Fora, São Paulo et Curitiba.
Cette influence de la France catholique s’exprime aussi par la figure familière au Brésil de Santa Terezinha (Thérèse Martin, Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1893), ou un prénom comme Lurdes qui se réfère à la ville de Lourdes, dans les Pyrénées qui reste le lieu d’un très important pèlerinage.